Les Black Corbacks : c'est quoi ?

C'est la question que se posent de nombreuses mères, épouses ou maîtresses depuis 1991, date de création du groupe par deux ex-Gorets (et ça, c'est quoi ?) : David (Batterie) et Francis (guitare), rejoints par Stephen au chant et par Johnny (pas celui-là, l'autre !) à la basse. Entre deux ou trois répètes, quelques concerts et quelques canettes, ils enregistrent leur première démo : Le poing levé (1992), avant d'accueillir un second guitariste, Yann, qui voulait des amis. Les démos se succèdent, enregistrées sur des cassettes, décorées avec les moyens du bord : ce n'est pas si loin, mais on n'avait pas encore de PC : Le couteau entre les dents, Mauvais augures, Souriez.

Puis Francis et Stephen s'en vont. Nous sommes en 1997. Johnny, courageux, délaisse sa basse pour prendre une guitare, pour « faire comme Yann ». Les Black Corbacks ont leur mode de vie, leurs codes et leur langue (voire notre reportage en fin d'article). Ils décident de passer une petite annonce à laquelle Davy s'empresse de répondre : « Main cherche poil ». Comme Davy avait de naissance des prédispositions au langage Corback, il traduit aussitôt : « meilleur groupe du monde cherche bassiste motivé et velu » (oui, vous avez aussi remarqué de légères erreurs de traduction et quelques approximations : c'était du temps où Davy n'était encore qu'un non-initié). Dans la foulée, David décide de reprendre le chant tant pour ne pas s'embêter avec un autre chanteur que parce qu'il a une grande gueule. C'est à quatre que le groupe enregistre son premier CD : Tombés du nid.

Johnny, fatigué d’associer un prénom si lourd à porter à du vrai Rock craque nerveusement et s’en retourne jouer dans les bals. Il est remplacé par Jean Marc, un ancien Thekyla. Suivront d’autres enregistrements : On revient de suite (2001) et un mini-CD : Et pour quelques titres en plus. Pour prouver sa bonne volonté, Jean Marc s’amuse à ressortir les anciennes démos sous forme de CD : 100% pur jus, volumes 1 et 2.

En 2005, l'âge aidant, David fit délicatement et discrètement comprendre aux autres membres du groupe qu'il envisageait éventuellement de progressivement céder sa place au chant, ce qui en langage Corbacks donne à peu près ceci : « Putain de bordel de chant de merde fait chier j'en ai plein le cul de chanter et de jouer de la batterie en même temps ! ». Sensibles à ses arguments et soulagés de changer de chanteur, les autres furent d'accord pour repasser une annonce en ces termes : « Recherchons organe viril pour animer soirées ».

Évidemment, Thierry se méprend sur le sens de cette annonce, y répond, se présente, réussit l'épreuve initiatique et est embauché. Les Blacks Corbacks repassent à cinq, aménagent à la campagne une ancienne porcherie en local de répétition et studio d'enregistrement, bossent et s'entraînent pour vous proposer aujourd'hui leur nouveau CD : Sale époque, à découvrir absolument. Ils espèrent vous rencontrer « en live », pour de vrai, que vous soyez amateur du genre ou, mieux, organisateur de concert.

Reportage : nous avons saisi par inadvertance une discussion entre Corbacks. En voici une brève restitution, suivie de sa traduction :

    - Dis donc, t'étais plein hier soir !
    - Sais plus, me rappelle de rien...
    - Tiens bois un canon ça te remettra !
    - Merde fait chier putain j'ai la gerbe. Où elle est ma gratte ?

Ce qui veut à peu près dire :

    - Diantre ! Quelle soirée époustouflante !
    - Oui ! j'en ai tellement profité que j'ai peine à tout me remémorer.
    - Désires-tu reprendre un peu de thé afin que nous devisions de concert ?
    - Grands dieux, je me sens tout émoustillé. Je vais quérir ma lyre pour que
      nous puissions deviser !

Bref, vous l'aurez compris, les Black Corbacks sont un groupe de rock, sérieux, rangé : sérieusement dérangé...

À suivre...

www.blackcorbacks.fr © 2010